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La liberté de la presse et les marchés financiers

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Publié le jeudi, 20 avril 2017

Dans une des premières études sur le rapport entre l’indice de la liberté de la presse d’un pays et les caractéristiques de son marché financier, des chercheurs de l’Université du Luxembourg ont mis en avant l’impact de la liberté de la presse et la volatilité du marché financier, et expliquent pourquoi cela a des effets bénéfiques sur l’économie dans son ensemble.

Dans une des premières études sur le rapport entre l’indice de la liberté de la presse d’un pays et les caractéristiques de son marché financier, des chercheurs de l’Université du Luxembourg ont mis en avant l’impact de la liberté de la presse et la volatilité du marché financier, et expliquent pourquoi cela a des effets bénéfiques sur l’économie dans son ensemble.

Dans leur article Press Freedom and Jumps in Stock Prices publié dans le journal Economic Systems, le Prof. Thorsten Lehnert et la doctorante Sara Abed Masror Khah de la Luxembourg School of Finance concluent que la libre circulation des informations dans un pays peut provoquer davantage de volatilité sur le marché financier, en raison d’une hausse plus fréquente des prix des actions. En même temps, les pays avec une plus grande liberté de la presse présentent une croissance économique plus importante.

Les auteurs ont analysé le rapport entre la liberté d’information, mesurée par le classement mondial de la liberté de la presse (Press Freedom Index-PFI) par Reporters sans frontières, et les caractéristiques boursières en utilisant les données de 50 pays.

Dans les environnements « libres » d’une part, l’actualité et les informations sont accessibles au grand public et sont directement assimilées par les marchés. Par conséquent, les acteurs économiques tels que les ménages, les entreprises, les investisseurs et le monde politique peuvent mieux traiter l’information. D’autre part, dans les environnements « non-libres » où les médias sont souvent étroitement contrôlés par les gouvernements, l’actualité économique n’est pas diffusée ou retardée ce qui entrave la réactivité du marché financier.

 

Les acteurs politiques « devraient encourager une presse indépendante et juste »

La restriction de la presse n’a pourtant pas d’effets positifs sur l’économie dans son ensemble. Le Prof. Lehnert explique dans ce contexte : « La liberté de la presse contribue de manière positive à ce que les économistes appelleraient une " bonne " volatilité des marchés boursiers. Il s’agit par exemple de conditions favorables incitant les entreprises à prendre des risques qui sont nécessaires pour une croissance économique. C’est pourquoi il ne faut pas l’interpréter comme un argument contre de la liberté de la presse. Au contraire, la liberté de la presse crée plus de bien-être et encourage la croissance économique. »

Le Prof. Lehnert et Sara Abed Masror Khah se basent par ailleurs sur une relation révélatrice entre la liberté de la presse et une crise économique. De nombreux pays membres de l’Union européenne ont vu leur PFI chuter de manière significative depuis la crise financière en 2008. La Grèce par exemple a perdu 64 places entre 2009 et 2013, en chutant à la 99e place sur 180 pays recensés. Le PFI de la Hongrie a également chuté de 41 places en reculant de la 25e place en 2009 à la 64e place en 2013. Le Luxembourg en tant que pays politiquement stable et moins touché par la crise, a en revanche occupé la 20e place en 2009 pour monter au fur et à mesure à la 4e place en 2013.

« Même si elle rend les marchés financiers un peu plus volatils, la liberté de la presse est non seulement bénéfique pour l’économie dans son ensemble, mais elle fait également partie intégrante des sociétés démocratiques et les acteurs politiques devraient encourager une presse indépendante et équitable », conclut le Prof. Lehnert.