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La dopamine oxydée, un lien important dans la maladie de Parkinson

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Publié le mardi, 12 septembre 2017

On sait depuis quelques temps que, dans la maladie de Parkinson, il existe des dysfonctionnements au niveau des mitochondries (les « centrales énergétiques ») et des lysosomes (les « camions poubelles ») des cellules qui produisent la dopamine. Comment ces deux problèmes sont connectés entre eux et pourquoi ils entraînent la même maladie ?

C’est la question sur laquelle s’est penchée une étude de l’Université Northwestern de Chicago, à laquelle a contribué l’équipe du Prof. Rejko Krüger au Luxembourg Centre for Systems Biomedicine de l’Université du Luxembourg. Les résultats viennent d’être publiés dans la prestigieuse revue scientifiqueScience.

Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés à des cellules nerveuses produites en laboratoire à partir de cellules de peau de patients. Au cours du temps, ils ont pu observer, au microscope et grâce à différentes méthodes biochimiques, tout une série de dysfonctionnements dans ces cellules. Le problème commence tout d’abord au niveau des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. En raison d’une réaction de stress, on parle de stress oxydatif, le neurotransmetteur dopamine est oxydé et s’accumule. « Après oxydation, la dopamine ne peut pas remplir sa fonction normalement et cela perturbe le métabolisme de la cellule. Cela résulte par exemple en une diminution de l’activité d’une enzyme appelée glucocérébrosidase » explique le Prof. Rejko Krüger. En conséquence, la dégradation des protéines dans les lysosomes ne fonctionne plus suffisamment bien et l’alpha-synucléine va s’accumuler dans les corps de Lewy, des dépôts caractéristiques du cerveau des patients parkinsoniens.

« Cette cascade de dysfonctionnements explique aussi pourquoi seuls les humains développent naturellement la maladie de Parkinson, et pas les souris par exemple. En effet, certaines parties du métabolisme de la dopamine n’existe qu’à un degré moindre chez ces animaux » continue le Prof. Krüger. Cette étude montre le rôle important de l’oxydation de la dopamine qui fait le lien entre une série de différentes réactions toxiques qui ont lieu à l’intérieur des cellules productrice de dopamine. Ces résultats vont permettre de définir les étapes suivantes pour le développement de nouveaux traitements qui pourraient agir sur l’évolution de la maladie de Parkinson.

Photo: ©Fotolia